L’apport de la presse des jeunes

Dans notre société l’enfant est parfois marginalisé par la sectorisation qui existe entre vie professionnelle, vie familiale et activités de loisirs. Il est souvent tiraillé entre plusieurs influences à un moment où se forge sa personnalité.
Promouvoir sa place dans la société, participer à son éducation c’est lui permettre de répondre à sa curiosité, l’informer, le faire réfléchir sur lui-même et sur le monde qui l’entoure pour le connaître, y trouver des repères, y agir.

Les médias d’une manière générale, la presse jeunesse en particulier, ont-ils ou peuvent-ils jouer un rôle dans ce domaine ?
Trois éclairages peuvent permettre d’examiner cette question.


Le journal : un ami.

Au plan socio-affectif d’abord on constate que les magazines sont de plain-pied avec l’univers quotidien des enfants, avec leurs préoccupations, les questions qu’ils se posent. Ils apparaissent à la fois comme un ami que l’on connaît bien et qui permet le confort et la sécurité du déjà connu tout en offrant à chaque parution l’inattendu, le surprenant, la nouveauté. Ils offrent la possibilité de se reconnaître dans un groupe de référence et permettent d’établir des relations, des échanges, un dialogue, avec ses pairs, ses parents ou ses éducateurs. Le fait de les trouver dans des lieux familiers ou de les recevoir chez soi, à son adresse, renforce encore leur caractéristique d’objet d’usage courant.


Des manières de lire diversifiées.

Si l’on observe ensuite l’apport de la presse jeunesse au développement du goût de lire ou à l’apprentissage de la lecture il faut noter, avec différents chercheurs, que la diversité d’écritures utilisées (explicative, scientifique, journalistique...) ou du traitement de l’image (dessin, photo, schéma...) permet des rythmes de lecture extrêmement variés. L’enfant peut lire en prenant son temps ou de manière rapide, il peut sélectionner des informations, des explications, des arguments... Il découvre ainsi en lisant qu’il existe plusieurs manières de lire et qu’elles sont adaptées à différents besoins. Il acquiert ainsi, par la pratique, des stratégies de lecture diversifiées indispensables au bon lecteur.


Un outil de socialisation.

Enfin en faisant le choix d’aborder des questions d’actualité, des problèmes de société, de nombreux journaux offrent aux enfants et aux jeunes la possibilité d’appréhender, sous différents aspects, leur environnement, de découvrir des aspects historiques, de développer des acquis culturels. Participant à leur information, au développement de leur esprit critique, favorisant la mise en œuvre de projets individuels et collectifs ils sont un outil de socialisation qui participe au développement d’une citoyenneté active.

Ses ambitions qui s’appuient sur le respect de la personnalité de l’enfant et du jeune, sa diversité, la complémentarité qu’elle établit avec d’autres médias, donnent à la presse jeunesse des atouts qui n’ont peut être pas été complètement explorés par l’ensemble des éducateurs mais qui doivent lui permettre de relever les défis de demain.